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Inde ARTE


Carnet de route de la 10e étape : Kalahandi

700 millions de villageois et quoi et quoi et quoi ?

Plus de 700 millions d’indiens vivent dans les 700.000 villages du pays. Malgré la taille sans cesse croissante de villes comme Delhi, Bombay ou Calcutta, l’Inde reste donc un pays principalement rural et à la dixième étape de ce voyage , il était temps de s’en rendre compte…

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Peut-être aurais-je même dû commencer mon itinéraire dans cette Inde-là, cette Inde qui fait battre le coeur du pays disait Gandhi, cette Inde que les Indiens nomment Bharat (”Inde” en hindi) par opposition à l’”India” urbaine. INDIA ou “I Not Doing It Anymore” (”Je Ne Le Ferai Plus”) plaisantent les Indiens qui critiquent le déséquilibre de développement entre ces deux Indes si différentes… Pour découvrir Bharat, je pars dans l’Etat d’Orissa, un État situé à l’est du pays, sur les côtes occidentales de la Baie du Bengale. 4/5è de la population de cet Etat vit dans des villages, soit près de 24 millions d’habitants et parmi ceux-ci, 25 % sont des “tribaux”.

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Etape 10 : Kalahandi

“Sans-terre, pas sans colère”

Malgré l’exode de populations qui quittent leurs villages pour chercher du travail dans les villes, l’Inde reste un pays très majoritairement rural où vit plus de 70% des habitants… dans des conditions souvent “médiévales”. Mauvaise hygiène, carences alimentaires, absences d’eau potable, d’école, d’électricité et de terres… Pour faire de ces populations sans-terre de petits propriétaires terriens, l’organisation “Ekta Parishad” (Force de l’Unité) reprend le principe gandhien de lutte non-violente. Sita Devi milite depuis 15 ans au sein d’Ekta Parishad dans l’Etat d’Orissa où elle se déplace de village en village pour informer les villageois sur leurs droits. Certains ont obtenu des titres de propriété sur les terrains ou ils bâtissent leurs précaires habitations. Mais sans droits sur de vraies terres agricoles qu’ils pourraient cultiver, les habitants des 700 000 villages du pays resteront la face cachée d’un pays que les élites urbaines prétendent développé.

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Carnet de route de la 9e étape : Patna

Intouchable démocratie…

Shiv Paswan, le conducteur de rickshaw, dont le reportage vidéo associé à cet article raconte la vie, est un intouchable.
Qu’est-ce qu’un intouchable ? Shiv Paswan le sait à peine. D’ailleurs le terme dalit, il ne le connaît pas. Bien sûr, dans la rue il ne peut pas toujours ignorer les remarques blessantes voire quelques humiliations, mais il affirme qu’elles sont rares et de toute façon, il se moque bien de ce que les autres peuvent dire ou penser.

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Pas de temps à perdre avec les turpitudes des autres. Il travaille de 4h du matin à 6h du soir pour essayer d’épargner les roupies qui lui permettront un jour d’ouvrir une échoppe de vêtements et c’est la seule chose qui le préoccupe vraiment… avec sa ration d’alcool quotidienne qui conclut sa journée de travail…

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Etape 9 : Patna

“Oh rickshaw !”

“Oh rickshaw !”, c’est ainsi qu’on interpelle partout dans les rues indiennes les conducteurs de rickshaws pour qu’ils s’arrêtent avant de discuter le prix de la course.
Shiv Paswan est “rickshavala” à Patna, la capitale de l’Etat Bihar.
Parfois, il entend des expressions plus humiliantes lorsqu’il pédale dans les rues de son quartier. “N’approchez pas le mangeur de cochon !” lui crie-t-on alors. Shiv Paswan s’éloigne. Ces remarques, il préfère les ignorer. Elles ne le blessent pas. Il ne les entend peut-être même plus. Il est intouchable. Hors-caste. Et alors ? Cela ne l’empêche pas de rêver à une autre vie… à celle qui commencera quand il cessera définitivement de pédaler pour ouvrir un petit commerce de vente de vêtements.
Une roupie après l’autre, Shiv Paswan épargne pour qu’à l’avenir plus personne ne l’interpelle en criant dans la rue.

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Carnet de route de la 8e étape : Patna

Ni dogs, ni millionnaires

Arrivée à Patna, capitale de l’Etat du Bihar. Le plus pauvre du pays, dit-on… position peu enviable que dénie tout bihari, qui désigne aussitôt son voisin méridional du Jharkhand à ce rang.
Sans doute au Jharkhand, désignerait-on à son tour l’Etat d’Assam, comme si la pauvreté se déplaçait toujours plus loin, toujours chez l’autre…

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Ce classement me préoccupe peu. Je ne suis pas au Bihar pour assister à l’élection de l’Etat le plus misérable du pays même si mon étape ici a un lien avec la pauvreté : celle des Intouchables.
Ceux que Gandhi appelait “harijans”, soit “enfants de Dieu” et dont je parlerai dans mon prochain article, car une fois encore une rencontre perturbe, sinon l’ordre des choses, du moins l’ordre de mes reportages…

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Etape 8 : Patna

“Le prof du bidonville”

Il y a plus de trente ans, Vishori Das quitte son village natal et suit ses parents à Patna, la capitale de l’Etat du Bihar, où ils espèrent trouver du travail. Sans ressources pour se loger, ils s’installent sur un terrain en friche du centre-ville.
Une trentaine d’années plus tard, 7000 personnes vivent sur ces terres où s’est peu à peu construit “Ambedkar Colony”, un des 65 bidonvilles de la ville.
Vishori vit toujours là. Ses voisins sont conducteurs de vélo-rickshaws, ouvriers sur des chantiers ou balayeurs de rue. Lui, est devenu professeur. Malgré des études supérieures et de bons revenus, il a décidé de rester ici.
Président d’une association de défense des droits des habitants d’Ambedkar Colony, il lutte pour l’amélioration des conditions de vie dans le bidonville. Grâce à son acharnement, les habitants ont obtenu des titres de propriété, l’accès à l’eau potable, à des sanitaires ou à l’électricité.
Mais son combat ne s’arrête jamais car sans cesse de nouveaux villageois arrivent en ville avec le même espoir d’y commencer une nouvelle vie…

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Carnet de route de la 7e étape : Mussoorie

Une vie sur le fil

Mussoorie… Y venir et y revenir est un plaisir récurrent, en particulier au mois de juin lorsque les températures dépassent quarante degrés à Delhi, tandis qu’elles excèdent rarement 25 degrés à 2000 mètres, l’altitude de Mussoorie.

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Mussoorie est une petite ville paisible, sans la pollution, les bruits et les foules massives des grandes cités indiennes et même lorsque les vacanciers indiens viennent y passer quelques jours de congés pour fuir la chaleur des plaines, elle conserve la lenteur de son rythme.

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Etape 7 : Mussoorie

“Le tailleur de Mussoorie”

Ashok est tailleur depuis 34 ans, un métier qu’il a appris de son père avant de le pratiquer dans son propre atelier à Mussoorie. Âgé de 51 ans, il a consacré toute sa vie à ce métier afin de pourvoir aux besoins de ses cinq enfants… ce qu’il a réussi à faire jusqu’au soudain problème cardiaque de sa fille aînée en 2006.
Ne pouvant financer l’opération chirurgicale avec ses seules économies, Ashok doit emprunter à un usurier, qui lui prête la somme contre l’hypothèque de sa maison, qu’Ashok aurait perdue si des amis ne l’avaient pas aidé à régler ses dettes.
Fin heureuse de l’histoire ?
Non, car à penser sans cesse à sa famille, Ashok a négligé sa propre santé et aujourd’hui il peut difficilement travailler à cause de la perte progressive de sa vue et des douleurs récurrentes de son dos.
Devra-t-il une seconde fois recourir à l’usure pour se soigner au risque de perdre encore une fois sa maison ?

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Carnet de route de la 6e étape : Retour à Varanasi

Un homme dans un bateau

A l’époque de mon premier séjour, la ville s’appelait encore Bénarès et je préfère cet ancien nom. Il “sonne” plus historique. Attitude archaïque j’en conviens. Un peu comme si je disais Lutèce pour Paris ou Lugdunum pour Lyon.
A mon retour en France, je demanderai à un guichet de Paris-gare-de-Lyon un billet de TGV Lutèce-Lugdunum… je verrai bien où la SNCF m’expédiera…
Retour à Bénarès donc.

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J’y avais autrefois prévu une étape sur la route du Népal et cette courte étape s’était prolongée en séjour tant j’avais aimé l’endroit, au point de me contraindre à quitter l’Inde avec précipitation une semaine plus tard, le jour même de l’expiration de mon visa.
Bénarès, c’est évidemment le Gange, ainsi qu’un dédale de ruelles qui dominent le fleuve, dans lequel mes errances s’achevaient toujours par la découverte d’un temple dissimulé dans une cour ou sur une fresque décorant la façade d’une maison.

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Etape 6 : Varanasi

“Le vieil homme et le fleuve”

Le Gange… depuis plus de 70 ans, Bhadra Mishra le contemple chaque jour. Il ne regarde pas seulement un fleuve mais une déesse que vénère tout pèlerin qui vient ici se purifier dans ses flots… pourtant pollués par les eaux urbaines non traitées qui se déversent dans le Gange.
Parce qu’il est un fervent hindou, la vision de cette pollution affecte Bhadra Mishra. Parce qu’il est un scientifique, il a décidé d’agir.
Il y a 27 ans, il a créé la “Sankat Mochan Fondation” dont le but est de lutter contre la pollution du Gange en proposant aux autorités locales la construction d’infrastructures qui détourneraient les déchets du fleuve pour les traiter dans des réservoirs écologiques. Une lutte qu’il mènera jusqu’à sa mort pour sauver la déesse d’une lente asphyxie…

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